Les démarches essentielles à accomplir après un décès

Un décès chamboule tout, et la liste des démarches ne laisse aucun répit. Dès les premiers jours, la famille se retrouve face à une série de formalités à accomplir. Informer les différents organismes, rassembler les certificats, demander les droits éventuels : rien ne s’improvise. L’attribution d’une pension de réversion au conjoint dépend de critères précis.

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Chronologie des procédures

Pour s’y retrouver dans ce parcours souvent éprouvant, le schéma ci-dessus regroupe les principaux organismes à prévenir sans tarder après la disparition d’un proche.

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Décès : informer la sécurité sociale

Première étape : contacter la sécurité sociale à laquelle était affilié le défunt. Pour cela, il faut envoyer un courrier à la caisse d’assurance pension, en indiquant :

  • le nom et le prénom de la personne décédée,
  • son numéro de sécurité sociale,
  • le certificat de décès.

À noter : il est possible de faire une demande de certificat de décès en ligne en complétant le formulaire prévu à cet effet.

Le conjoint survivant peut, selon sa situation, prétendre à différentes aides :

  • pension de réversion du régime de base,
  • pension de réversion du régime complémentaire,
  • prestation de décès (versée pendant moins de deux ans),
  • appui au titre de la santé ou de l’action sociale.

Ces soutiens ne sont pas automatiques : il faut déposer une demande pour chaque prestation. La CPAM verse la prestation de décès aux bénéficiaires, une fois le dossier complet.

Mairie : certificat de décès

Outre la caisse de retraite, il est nécessaire de signaler le décès à la mairie. Cette démarche permet d’établir le certificat officiel et d’inscrire la date et l’heure du décès en marge de l’acte de naissance. Ce document, exigé pour toute demande de pension, doit figurer dans le dossier du conjoint survivant.

Certains dispositifs d’aide peuvent passer par le service départemental d’action sociale ou le centre communal d’action sociale. On peut y solliciter :

  • des allocations d’aide sociale,
  • le RSA.

Attention : ces aides sont soumises à des conditions spécifiques.

Pensez également à mettre à jour le livret de famille. Cette formalité s’effectue directement en mairie. Prévoyez de demander plusieurs exemplaires du certificat de décès : ils seront fréquemment exigés par les organismes contactés. La demande peut être réalisée en ligne auprès de la municipalité concernée.

Notaire : succession et testaments après un décès

Le notaire s’impose comme l’interlocuteur incontournable en matière de succession. Il prend en charge toutes les démarches liées à la transmission du patrimoine et à l’exécution du testament.

Libre à chacun de choisir le notaire qui l’accompagnera : il n’est pas obligatoire de s’adresser à celui du défunt. Si plusieurs personnes sont concernées par la succession ou mentionnées dans le testament, il est possible de faire appel à plusieurs notaires, ce qui peut faciliter la gestion lorsqu’il y a des désaccords familiaux.

Services bancaires et assurance-vie

Les banques doivent être averties rapidement. Dès réception de l’avis de décès, elles procèdent au blocage des comptes du défunt. Le notaire, souvent, se charge aussi de cet aspect. Mieux vaut le consulter pour éviter toute erreur.

Le défunt détenait peut-être des contrats d’assurance-vie ou des avoirs liés à l’entreprise. Identifier l’ensemble de ces placements demande parfois du temps. Le notaire peut mettre plusieurs mois à regrouper toutes ces informations, surtout si la famille ne dispose pas de la liste précise des comptes et contrats. Un conseil : fouillez les archives personnelles et n’hésitez pas à solliciter l’aide de vos enfants ou petits-enfants pour retrouver les documents dispersés.

Pour obtenir le déblocage des fonds, il faudra présenter :

  • un certificat des héritiers dûment signé,
  • ou un acte de notoriété si la succession dépasse 5 000 €.

Autres organisations à contacter en cas de décès

Voici les autres interlocuteurs à prévenir rapidement lors de la disparition d’un proche :

Centre d’information et de coordination de l’action sociale (CICAS)

Le CICAS accompagne les familles dans l’obtention d’une pension de réversion, surtout si la personne décédée n’était pas encore retraitée. Leur champ d’action concerne principalement les salariés.

Caisse de retraite complémentaire

Prenez contact avec la caisse de retraite complémentaire du défunt pour examiner les droits à une pension de réversion supplémentaire. Comme pour le régime de base, chaque caisse applique ses propres critères. Par exemple, si le défunt était salarié ou retraité, il faudra contacter l’AGIRC-ARRCO.

CAF

Le Fonds d’allocations familiales peut intervenir en versant différents types d’allocations :

  • soutien au logement,
  • RSA,
  • allocation de soutien familial (ASF),
  • bourses scolaires,
  • prime d’activité.

Centre fiscal

Un passage obligé : informer le centre des finances publiques. Pour cela, il faut envoyer le certificat de décès ainsi que la déclaration de succession. L’administration fiscale procédera à la régularisation des impôts et à la déclaration des revenus du défunt, le cas échéant.

Logement

En matière de logement, il faut également prévenir plusieurs structures :

  • établissements de crédit,
  • mutuelles et organismes de prévoyance,
  • fournisseurs d’énergie (EDF, GDF…),
  • opérateurs télécom (SFR, Orange…),
  • compagnie des eaux,
  • assurances (auto, habitation…),
  • propriétaire du logement si le défunt était locataire.

Tribunal ou mairie

Pour les couples, il est nécessaire d’informer le tribunal d’instance ou la mairie dans un délai de 36 heures après le décès.

Employeur

L’employeur doit être averti dans les 48 heures. N’omettez pas de réclamer les sommes éventuellement dues et de demander, le cas échéant, le déblocage anticipé de l’épargne salariale. Cette opération bénéficie d’une exonération fiscale. Si la personne était inscrite à Pôle Emploi, pensez à signaler le décès auprès de cet organisme.

Les aides à bénéficier

Après la perte d’un proche, plusieurs formes d’aide peuvent être sollicitées. Certaines s’étalent sur la durée, comme la pension de réversion, d’autres prennent la forme de versements uniques.

Voici un aperçu des soutiens accessibles :

  • prestation de décès,
  • pension de réversion ou indemnisation liée à un accident du travail, remboursement de frais médicaux dus, pension d’invalidité pour le conjoint survivant,
  • CMU, soutien familial ou aide au logement (CAF),
  • RSA,
  • pension de survivant,
  • allocation de veuvage,
  • allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA),
  • allocation d’invalidité à domicile.

Un rappel utile : chaque demande doit être accompagnée du certificat de décès, document-clé qui ouvre la voie aux différentes démarches.

Ce chemin administratif exige rigueur et persévérance. Mais derrière chaque démarche, il y a la volonté de préserver les droits de ceux qui restent, et de transformer la paperasse en une étape vers l’apaisement.