Votre parent a du mal à se lever de son fauteuil. Vous avez repéré un fauteuil releveur électrique qui pourrait lui changer le quotidien. Mais entre la prescription, le remboursement et les formulaires, vous vous demandez si vous pouvez faire les démarches à sa place, et surtout ce que la Sécurité sociale prend réellement en charge.
Fauteuil releveur et liste LPP : ce que l’Assurance Maladie rembourse vraiment
Beaucoup de familles confondent fauteuil releveur et fauteuil roulant. La distinction est pourtant décisive pour le remboursement. L’Assurance Maladie rembourse les équipements inscrits sur la Liste des Produits et Prestations (LPP), un référentiel officiel qui recense les dispositifs médicaux pris en charge.
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Le fauteuil releveur classique ou relax n’est pas inscrit sur la LPP. Autrement dit, acheter un fauteuil releveur électrique dans un magasin de confort ne donne droit à aucun remboursement de la Sécurité sociale, même avec une ordonnance.
Le seul modèle qui ouvre un droit à remboursement est le fauteuil coquille releveur, classé comme dispositif médical. Ce siège, moulé ou semi-moulé, est conçu pour des personnes ayant des troubles posturaux importants. Il nécessite une prescription médicale précise et répond à des critères techniques stricts.
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La réforme récente de la prise en charge intégrale des fauteuils roulants a parfois créé une confusion. Cette réforme concerne exclusivement les fauteuils roulants manuels et électriques, pas les fauteuils releveurs. Les codes de remboursement, les prescriptions et les circuits administratifs sont entièrement distincts.

Droits de l’aidant pour les démarches de remboursement d’un fauteuil releveur
Vous accompagnez un parent âgé ou en perte d’autonomie ? La question se pose vite : pouvez-vous effectuer les démarches administratives à sa place ?
Mandat et procuration sur le compte Ameli
L’Assurance Maladie permet à un tiers d’agir au nom d’un assuré. Deux cas de figure se présentent. Si votre parent est en capacité de donner son accord, un mandat écrit signé de sa main suffit pour la plupart des démarches courantes (envoi d’ordonnance, suivi de remboursement).
Pour les actions plus engageantes, comme la gestion complète du dossier, une procuration formelle ou un mandat de protection future peut être nécessaire. Renseignez-vous auprès de la CPAM de votre parent pour connaître les documents acceptés localement.
Agir dans le cadre d’une mesure de protection juridique
Si votre parent est sous tutelle ou curatelle, le représentant légal désigné par le juge peut mener toutes les démarches liées à la santé et au remboursement. Dans ce cas, c’est le jugement qui fait office de mandat. Aucune procuration supplémentaire n’est nécessaire.
Démarches concrètes pour obtenir la prise en charge d’un fauteuil coquille releveur
Si le fauteuil identifié est bien un fauteuil coquille (le seul type remboursable), voici les étapes à suivre, que vous agissiez pour vous-même ou pour un proche.
- Obtenir une prescription médicale détaillée du médecin traitant ou d’un médecin spécialiste. L’ordonnance doit mentionner le type de fauteuil coquille et justifier le besoin médical (troubles posturaux, incapacité à maintenir la station assise standard).
- Transmettre cette ordonnance à la CPAM, accompagnée d’un devis du fournisseur agréé. Le fournisseur doit être un revendeur de dispositifs médicaux référencé.
- Attendre l’accord de prise en charge avant l’achat. Un achat réalisé sans accord préalable risque de ne pas être remboursé.
- Envoyer la facture acquittée à la CPAM après réception du fauteuil pour déclencher le versement.
Le remboursement de la Sécurité sociale couvre une partie du prix sur la base d’un tarif forfaitaire. Le reste à charge peut être significatif, car le prix réel du fauteuil coquille dépasse souvent le tarif de référence.
Le rôle de la mutuelle
La complémentaire santé de votre parent peut compléter le remboursement. Vérifiez le contrat : certaines mutuelles prennent en charge le différentiel entre le tarif Sécurité sociale et le prix réel, d’autres appliquent un forfait annuel pour les équipements médicaux.

Aides financières alternatives pour un fauteuil releveur non remboursé
Pour un fauteuil releveur électrique classique ou relax (non inscrit à la LPP), d’autres pistes de financement existent.
- La PCH (Prestation de Compensation du Handicap), attribuée par la MDPH, peut financer des aides techniques favorisant l’autonomie au domicile. Le fauteuil releveur peut entrer dans ce cadre si le dossier démontre un besoin lié au handicap.
- L’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) concerne les personnes de plus de 60 ans en perte d’autonomie. Le plan d’aide élaboré par l’équipe médico-sociale du département peut inclure l’achat d’un fauteuil releveur.
- Certaines caisses de retraite complémentaire proposent des aides ponctuelles pour l’aménagement du domicile. Contactez directement la caisse de votre parent.
Pour la PCH comme pour l’APA, un aidant familial peut constituer et déposer le dossier au nom du bénéficiaire, à condition de fournir les justificatifs d’identité et, le cas échéant, un mandat.
Pièges fréquents dans les démarches pour un fauteuil releveur
Le premier piège est d’acheter un fauteuil releveur avant toute demande d’aide. Que ce soit pour la CPAM, la MDPH ou le conseil départemental, l’accord de financement doit précéder l’achat. Un achat déjà réalisé ferme la porte à la plupart des prises en charge.
Le deuxième piège concerne la confusion entre confort et dispositif médical. Un vendeur peut présenter un fauteuil relax motorisé comme « remboursable ». Vérifiez systématiquement que le produit dispose d’un code LPP si on vous promet un remboursement Sécurité sociale.
Troisième point souvent négligé : les délais. Une demande de PCH à la MDPH prend plusieurs mois. L’APA départementale nécessite une visite à domicile. Anticipez ces délais, surtout si votre parent a un besoin urgent. Un fauteuil releveur en location temporaire peut constituer une solution d’attente.
Le choix entre un fauteuil coquille remboursé et un fauteuil releveur classique financé par d’autres aides dépend avant tout du profil médical de votre parent. Un échange avec le médecin traitant, avant toute recherche de financement, reste la première démarche utile pour orienter le dossier vers le bon circuit.

